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Alexis Desolneux  (le pro rider suite)
Bmx 06/10/2005 Alexis Desolneux (le pro rider suite)
Je souhaite simplement placer le flatland au coeur de ma vie active et créative, donner un sens à chaque journée qui s'écoule...
Suite de l'article sur les pro-riders avec aujourd'hui l'interview du plus vieux et respecté des riders français encore en exercice : Alexis Desolneux.

Qu'est-ce qu'un pro rider ?
Je me le demande moi-même. Pour moi ces termes " pro rider " désignent un statut aussi vague que rempli de clichés et je n'ai d'ailleurs aucun désir de me conformer à une définition du "pro rider" impliquant que je me conduise d'une certaine manière pour mériter le "statut" en question. J'aime le flatland parce qu'il est pour moi un espace de liberté et je souhaite faire en sorte qu'il le reste. Si cette définition du "pro rider" existe et que je ne lui corresponds pas, cela m'est bien égal. Mais de toute évidence, si l'on m'a envoyé ces questions c'est que je dois faire partie du sujet...
Alors soit, la seule définition du "pro rider" que je suis en mesure de donner, c'est ma propre définition, fondée sur cette expérience que je vis. Et j'ignore si la définition de ce que j'accomplis fait de moi un "pro rider", toujours est-il qu'à mon niveau, elle est pleine de sens.
 
Alexis en 1990 Je souhaite simplement placer le flatland au coeur de ma vie active et créative, donner un sens à chaque journée qui s'écoule (ou presque) à travers l'apprentissage de ce que je suis peut-être capable de faire avec mon vélo et, au bout de cela, partager. C'est maintenant le travail d'une vie (d'une bonne partie en tout cas) dans lequel le riding lui-même, dans le mode d'expression qu'il représente pour moi, est la finalité. Le sentiment d'avoir progressé sur une figure est unique, sans même parler de la première fois qu'elle rentre (vous savez bien ce que c'est). Je suis sans cesse en quête de cette sensation d'accomplissement, et il n'y a que le riding qui me la procure autant. Puis, partager ce que je fais est dans la continuité naturelle du processus car j'ai aussi besoin d'inscrire ce que je produis dans un contexte. Je veux bien sûr parler de la scène flat avec ses contests, ses vidéos etc. Entendre d'un rider (ne serait-ce qu'un seul rider) qu'une de mes parts vidéo lui a donné envie de rouler suffit à valider la cohérence de mon approche et le bien-fondé de mon travail. J'ai ainsi le sentiment que, d'une façon ou d'une autre, cet épanouissement que le flatland me procure transparaît dans mon riding et qu'il peut être, pourquoi pas, communicatif.
Pour ce qui est des contests, j'ai longtemps eu le cul entre deux chaises, ne sachant pas comment les aborder. Aujourd'hui, je les prends à la fois comme un exercice et une rencontre. Or si la vidéo est pour moi un moyen de montrer mon riding selon mes propres termes, les contests demeurent la meilleure option connue pour réunir les riders, tous styles confondus et j'aime simplement être là et rouler avec tout le monde. Car pour partager, ce n'est pas suffisant pour moi de filmer. Quant au run de contest lui-même, je trouve que c'est un exercice intéressant de contrôle sur soi, c'est aussi pour cela que je participe...et vous l'avez peut-être remarqué, y'a encore du boulot ! En revanche, je refuse de formater mon riding par rapport aux contests, ce n'est pas une approche qui m'intéresse.
 
Alexis en 1994 Quant à la vidéo, c'est autre chose. C'est ce qui me permet de documenter cette expérience d'expression de soi à travers le mouvement, et notamment d'en documenter l'évolution ; et je considère chaque section que je filme comme un simple repère dans le temps, utile pour me remettre en question et passer à autre chose.


Voilà donc comment je vois les choses. C'est vrai qu'à côté de tout ce que représente le flatland pour moi, ce statut de "pro rider" me paraît dérisoire. D'autant qu'un statut a toujours tendance à projeter une certaine image et non seulement j'ai l'impression que des gens convoitent un statut pour l'image qui le précède, mais ils semblent aussi placer l'obtention de ce statut comme finalité.
J'espère donc que les plus jeunes "pros" à venir ne s'y perdront pas au risque de ne pas assez se focaliser sur le principal, leur riding.
 
Alexis en 2004 Comment devient-on un pro rider ?
Là encore je me le demande moi-même... Tout ce que je peux dire c'est qu'un jour de 1996 je crois, je me suis dit que ma vie ne valait d'être vécue qu'à travers ma passion. J'avais fini mes études sans grande conviction, j'étais quelqu'un d'assez désespéré et ma vie commençait sérieusement à manquer de sens. Je me suis simplement demandé ce qui comptait le plus pour moi. La réponse crevait les yeux, mais elle faisait peur aussi car le bmx était bien plus marginal à l'époque. Mais rapidement, en réalisant la valeur d'une vie un peu plus libre que ce vers quoi je me destinais après mes études, cette peur s'est transformée en une excitation et une motivation qui ont éclairé mon choix. Mais les choses étaient différentes à l'époque car, contrairement à aujourd'hui, la perspective de vivre (survivre !) du flat n'existait pas. C'est ma seule soif de riding qui m'a poussé à franchir le pas. Mais c'est vrai qu'à un moment donné j'ai pris la décision de tout mettre en œuvre pour développer mon riding le plus loin possible-ce que je n'avais pas vraiment fait pendant mes dix premières années de bmx entre 1985 et 1995-de manière à ne rien avoir à regretter et c'est encore cette décision qui me motive aujourd'hui.
 
Comment vit un pro rider ?
Je vis avec un job qui me permet de m'organiser entièrement pour rouler puisque je bosse à distance chez moi, en général le soir. Entre les sessions de riding, les obligations familiales et le travail en soirée les journées sont parfois très longues mais c'est le meilleur moyen dont je dispose pour joindre les deux bouts-car malheureusement, même si je passe mon temps à rouler, on ne me paye pas pour ça. Sinon je suis dans le team Carhartt Europe et je reçois un peu d'argent qui me permet de voyager sur quelques contests (sinon système D et entraide avec d'autres pros). Il m'arrive aussi de faire quelques démos et même...de gagner un peu de sous aux contests mais ça je ne compte jamais dessus. Et bien sûr je suis chez Twenty, j'y développe des pièces signature (voir photos), je roule aussi pour Profile US donc je suis très bien épaulé côté matos.

Conseils, anecdotes ?
J'étais l'idole d'Alex Jumelin au début des années 90, pour vous dire si je suis vieux !
 
Des remerciements ?
Ma chère famille et mes amis. Alex et Jean-Luc chez Twenty, Mike Emde chez Carhartt, Matt Coplon chez Profile. Et puis Alex et Raphaël pour les bons voyages aux contests et les moquettes de chambres d'hôtel (gardez-moi une place sous le bureau !), Chad Johnston et Intrikat, Dane Beardsley (Flatcrap), Sebastian Grubinger et plein d'autres que j'oublie évidemment...Merci à toi Manu.







Photos : Olivier Weidmann, Armen
 
le rat des villes le 07/02/2008 à 15h56
salut alex,je viens de lire ton texte de "pro rider";Ca me rappelle pas mal de souvenir.C'est bien que tu continue a rouler,j'essaie de prendre contact avec toi.A plus j'espere.Le rat.
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