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Alexis Desolneux
Bmx 16/05/2001 Alexis Desolneux
"J’ai envie de rouler, tout simplement. C’est quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire." Interview d’un rider passionné.
Présentes-toi ?
Je m’appelle Alexis Desolneux et j’ai vingt-neuf ans, je vis en banlieue parisienne.
Depuis combien de temps roules-tu ?
J’ai eu mon premier BMX en 1978 (un Motobécane MX 10, celui qui n’avait pas de suspensions…) mais on me l’a volé au bout de six mois. Puis j’ai eu un Raleigh à Noël, en 1984. Entre-temps, j’ai roulé avec de vieux vélos classiques et je leur ai fait bien mal ! Disons que le vrai départ se situe vers 83-84, ce qui ne nous rajeunit pas…

Comment et où as tu commencé ?
J’habitais à côté du bois de Vincennes en bordure de Paris et je pense que ça a été déterminant. Tout gamin, je sortais de l’école et je m’y ruais sur mon vélo ; j’ai toujours eu ce désir d’être sur un vélo et surtout d’en faire un usage " anormal ". A l’époque on faisait des courses, des concours de dérapages ( !), des sauts (en panique), des bunny-hops etc. Tout ça s’est mis en place naturellement. Je connaissais le BMX que j’avais découvert dans un magazine en 77, c’était des photos de race aux US, mais pour nous c’était bien lointain… jusqu’à ce qu’il débarque en France. Là le matos est arrivé, le freestyle aussi et j’ai dû faire mes premiers tricks de flat fin 84. Il eut bien sûr ces fameuses démos d’Eddie Fiola et R.L.Osborn à Bercy qui marquèrent toute une génération.
 
Qu’est-ce qui te motive pour rouler encore ?
J’ai envie de rouler, tout simplement. C’est quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire. En même temps je crois que ce que je te dis là ne serait pas complet si je ne te parlais pas aussi de l’envie de " faire n’importe quoi " avec ce vélo. Je veux parler du côté personnel et libre de la chose. Le fait de pouvoir imaginer une façon de se mouvoir dans l’espace avec le vélo. Cela m’apporte un bien-être. Quand j’avais six ans, je faisais un dérapage avec un vélo tout pourri et je me sentais libre. En fait, tout ça, intérieurement, n’a pas changé et s’est même renforcé avec tout le côté " expression " qui s’est développé en grandissant, autour de ma pratique. La liberté est peut-être la valeur pour laquelle j’attache le plus d’importance dans ma vie et je sais que, dans mon cas, le BMX y contribue chaque jour. J’ai une trouille maladive des regrets et je ne veux pas sacrifier mes idéaux pour une idée de " réussite/succès " qui m’est imposée (par le monde moderne qui m’entoure) et qui n’est pas la mienne. Je veux dire par là que je tiens à investir la majeure partie de mon temps et de mon énergie dans le riding parce que c’est la chose la plus positive à mon niveau. J’ai encore tant à apprendre, en matière de technique et surtout d’utilisation de ces techniques à des fins " expressives " que je me vois continuer aussi longtemps que possible. J’ai aussi besoin de me sentir productif et je n’ai rien trouvé de mieux que le BMX (le flat en particulier) pour arriver pleinement à cela. Tout ça reste donc très motivant.

Comment fais-tu pour combiner Street et Flat ?
J’ai toujours fait quelque chose à côté du flat (pas mal de street à la fin des années 80), puis de la mini-rampe et du park et j’ai eu l’envie urgente de me remonter un vélo de street il y a environ 4 ans de ça. J’ai plus de temps pour rouler de nos jours que je n’en avais lorsque j’étais à la fac ou que je travaillais à côté, c’est donc déjà au moins pour ça que j’arrive à rouler en street en plus du flat. J’essaye de ne pas me blesser en street mais ça arrive quand même de temps à autre. C’est une des règles du jeu. Du coup j’ai tendance à me diriger vers un riding un peu plus technique que bourrin et pour ça je m’aide certainement du flat. Le street est aussi une part de moi-même et ne pas en faire pour ne faire que du flat serait me priver. Je vois le BMX comme un mode de vie alternatif et pour qu’il puisse continuer à l’être pour moi, je fais en sorte qu’il reste excitant. Le street m’aide à cela et l’exercice d’imagination sur le flat aussi.
 
Tu fais plus de Flat ou plus de Street ?
Beaucoup plus de flat. Le street ne vient en général qu'une fois par semaine, ça dépend…

Et pourquoi ?
C'est un plaisir d'enchaîner les practices de flat et de sentir que quelque chose se construit jour après jour. Je suis sûr que les riders à fond sur le dirt, le street ou le park ressentent ça aussi dans leur discipline. C'est juste que c'est le flat qui m'apporte ce sentiment. Je fais beaucoup moins destreet et, logiquement, j'avance lentement (ce qui ne m'empêche pas de m'amuser) mais j'aime les deux disciplines et, comme le flat, le street me manque si je n'en fais pas.

Que fais tu-dans le Free à part rouler ?
Je travaille pour le magazine " Soul (BMX experience) ", avec quelques articles/entrevues et la correction de toute la partie texte de chaque numéro. Donc si vous trouvez des fautes de frappe et d'orthographe, j'en suis le responsable… Ensuite je prépare " L'essence ", c'est un projet de matériel avec des cadres et d'autres pièces. Les choses ont pris un peu de retard car on prend le temps de bien tester jusqu'à ce que la finition des derniers protos de cadre puisse nous permettre de donner le feu vert. Enfin, je m'occupe des riders chez Carhartt.
 
Parle-nous de ton rôle chez Carhartt ?
Je m'efforce de gérer tout ce qui est lié à l'existence du " team ", c'est-à-dire tournées, photos, composition du team etc. J'aimerais faire en sorte que la marque continue à s'investir sans être en décalage avec les riders, comme c'est parfois le cas ailleurs. Profiter d'une image sans échange ne mène pas loin et il est grand temps aussi de dépasser la logique " palmarès = sponsor " qui demeure encore souvent en France. Pour résumer, mon rôle est de constituer un groupe de riders et de les laisser s'exprimer à travers leur façon de faire du BMX : si c'est le cas, tout le monde y trouve son compte et il y a véritablement échange.

Que peux-tu dire de la scène Flat et de son évolution ?
La scène japonaise est la plus dynamique pour le moment et connaît une situation sans précédent avec le flat au niveau mondial. C'est difficile de s'en rendre compte vu d'ici mais c'est impressionnant sur place. Le niveau est en train de monter à vitesse grand V, là-bas plus qu'ailleurs, je crois. En France, ça bouge aussi, surtout récemment où plus de jeunes s'y intéressent. Je suis heureux de voir que beaucoup ont déjà compris ce que le flat peut apporter au niveau humain et j'ai confiance en eux pour la suite. Par contre ça m'attriste un peu d'en voir d'autres se laisser distraire par la course aux sponsors ou l'infime gloire de faire une bonne place à un contest, au lieu de se concentrer sur leur riding et d'en faire quelque chose d'intéressant. C'est un phénomène que je vois surtout en France malheureusement. A côté de ça plein de riders incroyables, dans le monde entier, avancent à grands pas chacun à leur manière, grâce à leurs " expérimentations " ; je pense entre autres à Paul Osicka, Chase Gouin, Martti Kuoppa, Eno-Yang, Matti Röse, Jimmy Petitet, Kotaro Tanaka, Ryoji Yamamoto etc. Tous ces riders ne cessent de nous montrer à quel point le flat est infini et je pense que celui-ci mûrit ce qui est très encourageant pour la suite.
 
Pourquoi le riding sans freins ?
Je m'amuse plus sans. Cela me permet de comprendre l'équilibre " premier " (non-modifié) des mouvements que j'apprends et ainsi de progresser techniquement d'une manière différente qui me donne des idées. Je me suis mis à adorer le flat avec l'apparition des " rolling tricks " aux alentours de 1987. Nous les appelions " rollings " par opposition aux autres figures, plus statiques. Je crois que le flat est roulant par définition et nous modifions simplement le roulement, en gros, au moyen des freins, des blocages/relances au pied et des squeaks. Je pense que les squeaks ont disparu naturellement de mon riding pour être remplacés par les blocages au pied, qui permettent en général de connecter sans squeaker et sans freiner. On me dit parfois que je fais beaucoup de rollings mais c'est drôle parce que je ne vois pas du tout les choses de cette manière. Je ne fais plus de distinction de ce genre de nos jours. J'ai juste pensé à un moment, par exemple, que je ne savais pas vraiment faire " pinky-squeaks " si j'avais besoin d'un frein pour cela. A partir de là il est certain que le riding devient plus roulant. En tout cas, à l'époque, ce fut juste un choix dans l'idée de bouleverser mes petites habitudes et essayer autre chose.

Tes projets ?
Il y a le riding bien sûr que je voudrais pousser le plus loin possible, selon mes capacités… Puis il y a " L'essence " qui devrait démarrer d'ici peu.
 
Où seront fabriqués tes cadres " L'essence " ?
A Taiwan ! Les taiwanais savent, de nos jours, faire de très bon cadres de BMX, soudés à la main et pas avec des robots ! Bien sûr, fabriquer en Europe serait mieux… Mais nous n'en sommes qu'aux balbutiements de l'industrie BMX en France et compte tenu de la fiabilité du matos taiwanais lorsqu'il est bien suivi et contrôlé, je crois qu'il serait un peu déplacé de faire les difficiles. Je connais les réactions " anti-taiwan " et celles-ci ne sont bien souvent pas justifiées en ce qui concerne le matériel haut de gamme. A ce propos, c'est effrayant de voir que l'impérialisme et le protectionnisme américains arrivent à s'infiltrer jusque dans les esprits des petits français…

Tu as choisi d'habiter Chelles pour y rouler ? ou parce que tes potes habitent là bas ?
J'ai eu l'opportunité d'habiter à Chelles or mon spot favori se trouvait là-bas donc c'était parfait. Mais en ce qui concerne mes amis, la plupart d'entre eux n'habitent pas à Chelles.
 
Pour terminer, tu t'es marié il y a peu de temps, cela a t'il changé ta vie ?
Ma vie d'homme a changé mais pas ma vie de rider.

Dédicaces !?
Merci à ma famille, Yuuki, mes sponsors actuels Adidas et Carhartt, ainsi qu'aux autres qui m'ont aidé avant, El Cardos, Stu, Thomas, Gunthar, Mizou, Michaël, Vinvin et Denebh, Hélène, Aaron, Chad et Amy, Les Krakovers, Masto et sa troupe, Juh, Gervais, le Weideman, Duf, Grosdos, Bibiche et les 3i1s, Poupou, Jacoby, Shelter, Jon, John, David L, Patoche, Gino, Les No Crhomes, Gasoil, Ben, Dédé, Xav et Rachel, Bérengère, Manu Sanz, Guedzilla, Alain et Vanilla, Matt et Reversal of Man, Vinnie et Dave Conspiracy, Phil et Elodie Burn out, Fafa, Monster et Knut, Brazen, Klaus et le Freedom crew, Will et Ed, Ken Jykk, Skip, Peni-p, Hiro, Robo, Takashi, Akira, Yanmar (Arigato gozaimas !), je m'excuse pour ceux que j'oublie sûrement… en tout cas tout ceux avec qui je passe un bon moment et merci à toi pour l'interview !

Par Woody
 
monnier le 21/12/2007 à 15h18
Salut,
je suis (...)
j'suis une copine a charles
et je ros qu tu es son oncle
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